Deux traductrices au Salon du Livre — partie 2 : l’exploration

Livre Paris, mieux connu sous son ancien nom de Salon du Livre, est sans conteste le rendez-vous annuel des professionnels de l’édition, dont les traducteurs font bien évidemment partie. Mais que vient-on y faire ? Assister à des conférences ? Rencontrer des collègues ? Démarcher des prospects ? Audrey Prost, traductrice financière et lectrice vorace, et Charlotte Matoussowsky, traductrice spécialisée en sciences humaines, nous racontent comment elles ont vécu Livre Paris 2019 et partagent avec nous leurs astuces de survie !

Ce second billet traite des deux derniers jours du salon, où nos protagonistes, désormais aguerries, reviennent au Salon avec des objectifs bien précis.

C’est d’abord Audrey qui nous narre son dimanche.

Dimanche 17 mars 2019

Traduire le politique — Atelier de traduction participatif

J’arrive vers 13 heures pour assister à l’atelier Traduire le politique, organisé par l’ATLF et l’École de traduction littéraire (ETL). Cette fois-ci, l’arène est bien visible, sur le stand du Centre national du Livre, en plein milieu du Salon.

On commence par présenter Bérengère Viennot et son ouvrage récemment paru, La Langue de Trump (éditions Les Arènes). Lecture vivement recommandée ! Pour les curieux, une petite mise en bouche (pun intended) s’impose.

Olivier Mannoni – qu’on ne présente plus, ou si peu – brosse en quelques mots le portrait de l’École de traduction littéraire, fondée en 2012, avant d’expliquer le format de l’atelier. Il s’agit de proposer au public des cas épineux de traduction, issus de discours politiques récents dans plusieurs langues (anglais, bien sûr, mais aussi italien, roumain et autres).

On commence par un tweet récent du président américain, dont l’œuvre entière sur le réseau social pourrait faire l’objet d’une étude approfondie qu’on intitulerait « Grandeurs et misères du traducteur » — car il faut de la grandeur pour traduire « bien » des textes aussi « mal » écrits, mais cela ne se fait pas sans quelques misères.

On passe ensuite à un discours de Margaret Thatcher, tellement célèbre qu’une page lui est consacrée sur Wikipédia (le discours, pas Thatcher… enfin, si, aussi. Bref.) :

To those waiting with bated breath for that favourite media catchphrase, the ‘U-turn’, I have only one thing to say: ‘You turn [U-turn] if you want to. The lady’s not for turning!’

Après avoir exploré des expressions françaises autour de la notion de demi-tour, une proposition émerge – « La dame est en fer, mais ne tourne pas » – qui réussit l’exploit d’évoquer la Dame de fer (The Iron Lady) et la girouette qui tourne au gré du vent (ou pas, en l’occurrence).

Le minestrone de Matteo Salvini, vice-président du conseil des ministres italien, parlant de possibles alliances avec des partis concurrents (Escludo governissimi, inciuci o minestroni col Pd e coi 5 Stelle), ouvre tout le champ culinaire des ratatouilles, potages et autres soupes.

Le slogan Love trumps hate finit de mettre les cerveaux de la salle en ébullition… Le casse-tête qui résume bien toute la difficulté du métier de traducteur : il faut respecter le message et le contexte (slogan d’une campagne politique marquée par une extrême polarité), l’ironie induite par le jeu de mots sur le nom du candidat (« Trump » pour Donald, mais aussi pour désigner l’atout, la carte maîtresse du paquet), la forme extrêmement concise, quasiment impossible à rendre en français (trois mots, sujet, verbe, complément, dont deux sont antonymes… et je ne me lance même pas dans le raisonnement sur les couleurs). Si l’on n’était pas certain de saisir toutes les subtilités, Urban Dictonary propose même une explication de texte.

love trumps hate button

Mission impossible… et pourtant ! Florilège de propositions : « Ne vous laissez pas trumper par la haine », « Détrumpez-vous », « Trumper n’est pas jouer », « Couper cœur à la haine ». Toutes sont un parti-pris qui transmet tout ou partie du message, s’amuse d’une chausse-trape autour du Trump ou du jeu de cartes, préserve la concision du slogan.

unnamedEt pour finir, Cyrille Rivallan nous pose une colle qui mélange culture geek et actualité :

Au-delà de l’évident « May, que la farce soit avec toi », des multiples pistes proposées, j’en retiendrai deux :

« Chez May, la farce est puissante. »

 « May, l’Union fait la farce. »

L’atelier n’a duré qu’une heure, mais c’était un jeu auquel on se serait volontiers prêté plus longtemps.

Et à croire les passants qui se sont arrêtés pour écouter, le sujet ne passionne pas que les traducteurs…

***

Pour en savoir plus sur La Langue de Trump : http://www.arenes.fr/livre/la-langue-de-trump/

Pour en savoir plus sur l’école de traduction littéraire : http://asfored.org/etl/page-4001/etl

***

Le lendemain, Audrey et Charlotte se sont toutes deux rendues au Salon : cette quatrième et dernière partie est donc rédigée à quatre mains.

Lundi 18 mars 2019

Les choses sérieuses commencent

La matinée du lundi 18 mars a la particularité d’être réservée aux professionnels du monde de l’édition (dont les traducteurs font bien évidemment partie). Les conférences sont davantage orientées sur les préoccupations sur secteur et, surtout, il y a beaucoup moins de monde : c’est donc le moment idéal pour réseauter et prospecter.

Audrey avait prévu d’arriver tôt au Salon pour la matinée consacrée aux professionnels (ça tombe bien, c’en est une), mais des traductions de dernière minute l’ont retenue à son bureau.

Quant à Charlotte, elle arrive peu après l’ouverture, délestée de l’annuaire et autres brochures : à midi, le salon rouvre au public et elle veut voir le plus de personnes possible avant. Elle se rend d’abord sur le stand d’un éditeur avec qui elle a pris rendez-vous sur la plateforme Mon réseau Livre Paris sur le site web du salon. Après quoi, elle passe sur les stands des maisons d’édition qui l’intéressent pour que celles-ci lui présentent leur travail et qu’elle leur parle du sien. Elle laisse des cartes de visite et, pour les plus intéressés, un exemplaire de son portfolio.

La plateforme Mon réseau Livre Paris, lancée en 2019, propose différentes fonctionnalités, notamment un agenda où inscrire les conférences ainsi qu’une messagerie pour contacter les exposants qui l’acceptent. À tester !

L’Europe de demain : la circulation des auteurs, des livres et des savoirs

En fin de matinée, elle s’installe avec un peu de retard devant le débat « L’Europe de demain : la circulation des auteurs, des livres et des savoirs ». Parmi les intervenants, un traducteur, une critique littéraire, une directrice de centre culturel, la présidente du Bureau international de l’édition française (BIEF) et un représentant du ministère de la Culture, le tout animé par la directrice de la Fédération des éditeurs européens. On évoque les programmes européens et nationaux, les partenariats entre éditeurs, les prix littéraires et de traduction et les multiples initiatives visant à faire circuler les sciences et les littératures d’Europe.

Au sortir de la table ronde, Charlotte croise le directeur du BIEF, qui lui rappelle que son stand est moins fermé qu’il n’en a l’air et qu’il ne faut pas hésiter à y passer pour rencontrer des éditeurs étrangers.

Le prix Apulée

Audrey la rejoint à midi pour une autre conférence organisée par la revue littéraire Apulée, qui dépend des éditions Zulma. Celle-ci présente sa dernière initiative : un prix de traduction, qui récompense un texte court d’un auteur vivant en Europe traduit en français depuis n’importe quelle langue. Si la présentation de cette revue de réflexion nous semble intéressante (et surtout son 4e numéro, consacré à la traduction des deux côtés de la Méditerranée), nous sommes un peu décontenancées, car nous pensions assister à la remise du premier prix Apulée, mais il n’en est rien. Rendez-vous l’année prochaine ?

Le temps du réseautage

L’heure du déjeuner est l’occasion de discuter, de prendre quelques nouvelles, mais aussi et surtout de partager notre expérience du Salon. C’est aussi ce qui nous donne envie de la faire partager à d’autres, d’où le présent billet ! Puis nous reprenons nos pérégrinations à travers le pavillon. Outre des éditeurs, nous croisons des amis traducteurs, dont certains que nous n’avions jusqu’ici rencontrés que sur les réseaux sociaux : c’est le rendez-vous de l’année ! Charlotte emmène Audrey voir Cyrille Rivallan, un traducteur qu’elle a rencontré sur Twitter, et qui n’est autre que le « colleur » de la veille. Une discussion s’engage autour des fiches de lecture, de l’école de traduction littéraire et du métier en général. Nous échangerons nos cartes et resterons en contact.

L’après-midi, l’objectif d’Audrey est de retourner voir l’éditeur qu’elle n’a pas pu croiser vendredi. Après une autre tentative infructueuse (eh oui, elle tombe une nouvelle fois à l’heure de la pause déjeuner), elle arrive enfin à échanger avec son contact. À toutes celles et ceux qui ne sont pas familiers de ces salons, nous vous conseillons de ne pas vous laisser déstabiliser. Vos interlocuteurs risqueront toujours de se faire interrompre par des connaissances de passage. Soyez patients, mais tenez bon et allez au bout de votre discussion !

N’oubliez pas de prendre un grand nombre de cartes de visite ! Une brochure ou un portfolio est également un bon moyen de laisser une trace dans l’esprit de votre interlocuteur.

Après s’être retenue les jours précédents, Charlotte ose enfin acheter quelques livres. Une heure avant la fermeture, une consœur traductrice du serbe l’entraîne à une conférence sur la littérature croate : il y a des chaises, cela tombe bien, elle ne tient plus debout !

Nous repartons sur les rotules, mais satisfaites et riches de contacts. Mais notre travail ne s’arrête pas là : il faudra faire fructifier toutes ces rencontres avant que nos interlocuteurs ne nous oublient !

Et vous, fréquentez-vous les Salons du Livre ? Pourquoi ? Serez-vous à Livre Paris 2020 ?

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Deux traductrices au Salon du Livre — partie 1 : la découverte

visuel-LIVREPARIS-2019-A4Livre Paris, mieux connu sous son ancien nom de Salon du Livre, est sans conteste le rendez-vous annuel des professionnels de l’édition, dont les traducteurs font bien évidemment partie. Mais que vient-on y faire ? Assister à des conférences ? Rencontrer des collègues ? Démarcher des prospects ?

Audrey Prost, traductrice financière et lectrice vorace, et Charlotte Matoussowsky, traductrice spécialisée en sciences humaines, toutes deux membres d’Aprotrad, nous racontent comment elles ont vécu Livre Paris 2019 et partagent avec nous leurs astuces de survie !

Ce premier billet traite des deux premiers jours du salon, placés sous le signe de la découverte et de la Russie.

Laissons d’abord la parole à Audrey.

Le Salon du Livre de Paris commence bien avant le jour d’ouverture. Généralement, on reçoit les premières alertes par mail début janvier, lorsque la programmation commence à s’ébaucher.

Cette année, la thématique Europe intéresse la citoyenne et la traductrice que je suis. La littérature russe mise à l’honneur fait écho aux personnes de mon entourage qui apprennent le russe ou le perfectionnent.

Mais dans le programme, comme un rituel, je cherche toujours un autre mot clé : « Traduction ». Il en ressort une conférence autour de la traduction et de la retraduction, la remise d’un certain Prix Apulée, un tournoi de traduction (que les amateurs de mots‑valises appellent volontiers « traduel »), un atelier Traduire le politique.

Enfin, je cherche un auteur et une ou deux petites maisons d’édition méconnues du grand public qu’il me tient à cœur de rencontrer, dont une à laquelle j’ai un projet de livre à proposer.

En tant que traductrice libérale, c’est la première année que je peux visiter le Salon munie d’un badge professionnel, qui me donne accès gratuitement et de manière illimitée aux quatre jours de programmation.

Demandez votre badge professionnel et consultez le programme des manifestations ainsi que la liste des exposants avant le début du salon.

Vendredi 15 mars 2019

Le choc

J’ai terminé un peu plus tôt ma journée pour arriver au salon vers 18 heures. Comme d’habitude, c’est le choc. Le Salon est immense. Mais vendredi après-midi oblige, la foule ne se presse pas encore. Je récupère d’emblée un catalogue des exposants et un programme des temps forts (dans lequel je déplore qu’aucun des événements liés à la traduction n’ait été mis en lumière… on ne se refait pas).

Impossible en revanche de mettre la main sur un plan. Il me serait bien utile pour me diriger vers le stand de la région Sud — car il ne suffit pas d’être informée qu’il se trouve en K28, encore faut-il savoir comment repérer les marqueurs, au sol et dans les airs… ça viendra au fil des jours. Je me perds un peu dans les allées, peste contre la version mobile du site qui ne me fournit pas les informations dont j’ai besoin. Et puis je finis par trouver le stand, qui saute pour ainsi dire aux yeux non loin de l’entrée.

Joute de traduction russe/français organisée par le collectif ATLAS

Le modérateur (Valéry Kislov, traducteur français-russe) est déjà en pleine présentation des deux traducteurs russe — français qui prendront part au tournoi : Yves Gauthier et Paul Lequesne. Les quelques poufs disposés en demi-cercle sont tous occupés, le public est attentif. Je me tiens donc debout et prends le train en marche.

Le sujet de la joute est très intéressant, quoiqu’un peu complexe : il porte sur les sonnets de Guillaume du Vintrais, poète français méconnu du xvie siècle, amateur de sonnets sur des amours contrariées, dont les œuvres (originalement en français) ont été découvertes et traduites à quatre mains au xxe siècle par un tandem de « contre‑révolutionnaires » russes, Yakov Kharon et Youri Weinert, avant de faire l’objet d’une rétrotraduction par nos deux traducteurs émérites.

Tout de même, avant de commencer, Paul Duquesne nous avoue avoir remis la main sur les textes originaux en français et en avoir tiré inspiration pour ses travaux. A-t-il « triché » ? Difficile à dire, tant l’ironie et l’autodérision imprégnaient ses commentaires et ceux de son adversaire. Valéry Kislov lit tour à tour les sonnets en russe, puis chaque traducteur se lève et déclame sa traduction. Les deux textes ne pourraient être plus dissemblables et pourtant chacun forme un tout cohérent. Moi qui ne comprends pas la langue slave, je ne fais qu’entr’apercevoir les subtilités qui forment le texte source en creux de la confrontation de ses versions traduites.

Malheureusement, aucun des trois intervenants ne commente réellement le travail présenté. Comme si tous ceux qui les écoutaient étaient armés pour apprécier et juger aussi bien l’original que ses reproductions. Seule ébauche d’analyse : dans une description alimentaire, l’un a choisi de parler de foie gras, l’autre de fromage. Le russe faisait vraisemblablement référence au second. Mais la version originale française évoquait le premier. Paul Lequesne justifie (en plaisantant ?) son choix par un retour aux sources.

Cette déception provoquée par le manque d’introspection est partagée par les jouteurs eux-mêmes, comme ils le reconnaîtront quelques jours plus tard dans un échange publié sur le site de l’ATLAS.

La joute prend fin avec vingt minutes d’avance sur un match nul. En conclusion, toutefois, une friandise, un joli quatrain d’Igati Ivanovski (1932-2016) que nous propose Yves Gauthier :

Луна взошла на небосвод.
И отразилась в луже.
Как стихотворный перевод:
Похоже — но похуже.
La lune fait son ascension.
Son reflet dans la flaque d’eau :
On dirait une traduction,
Très ressemblant, mais en moins beau.

***

Pour en savoir plus sur les intervenants : http://www.atlas-citl.org/salon-du-livre/

Pour consulter l’ensemble des textes lus : http://www.atlas-citl.org/mystification-de-traducteurs_la-joute-russe-au-salon-livre-paris-2019/

***

À la recherche de l’exposant perdu

Je profite de ce temps gagné pour faire un tour du côté de mes deux maisons d’édition. Du premier stand, petite maison tenue par un couple, je remporte deux livres : un livre mêlant dessins à colorier et haïkus (j’aime cette alliance de disciplines, entre dessin, littérature et traduction) et un très beau livre-album de photographies de chats urbains.

Avec le deuxième, jeune maison que je suis depuis ses débuts, je ne suis pas si chanceuse : lors de mon premier passage, l’exposant est en pleine discussion ; lors de mon second passage, une dizaine de minutes plus tard, il est absent (pas étonnant, il est 19 heures passé) et, malgré mes cent pas, le stand reste désespérément vide.

La journée se termine là-dessus pour Audrey, qui ne peut se rendre au Salon le lendemain. Charlotte, qui arrive d’Orléans, prend le relais.

Samedi 16 mars 2019

L’esprit pratique

J’arrive en milieu d’après-midi au salon et m’empresse d’abandonner mon sac de voyage de provinciale au vestiaire avant de me diriger vers l’entrée réservée aux professionnels à l’extrémité du bâtiment (moins de foule !) À l’entrée, je récupère un porte-badge et un plan : je constate que l’organisation globale du pavillon n’a guère changé par rapport aux années précédentes. Je me trouve un coin où m’asseoir et commence à annoter le plan avec les noms des éditeurs que je compte passer voir et que j’ai repérés sur le site web de Livre Paris. À l’encre effaçable, car l’expérience m’a appris que les stands ne sont pas toujours exactement là où ils devraient !

Prévoyez du temps : le salon est immense, les exposants très sollicités et l’on est vite tenté d’enchaîner les conférences.

Traduire et retraduire la littérature russe

À 16 heures, je suis rejointe par une amie et consœur, avec qui je m’installe dans le public de la scène Coulisses de l’édition pour une table ronde intitulée « Traduire et retraduire la littérature russe ». Animée par François Deweer, ancien directeur de la Librairie du Globe, celle-ci accueille deux traductrices chevronnées, Anne Coldefy‑Faucard et Luba Jurgenson, ainsi que l’écrivain russe Vladimir Sorokine. Pendant une heure, ils et elles évoquent les enjeux de la retraduction des classiques de la littérature russe et soviétique, souvent connus en France dans des versions finalement peu fidèles aux styles de leurs auteurs. Les traductrices évoquent les difficultés de leurs travaux les plus récents. Ainsi, Luba Jurgenson a dû traduire un roman comportant des passages en ukrainien, langue comprise sans difficulté par tout russophone, mais évidemment pas par les Français. Quant à Anne Coldefy-Faucard, elle s’est attelée à une septième traduction des Âmes mortes de Gogol en essayant de retranscrire l’humour qui semblait avoir disparu des six versions précédentes. Enfin, Vladimir Sorokine, s’il n’a jamais traduit lui-même, n’en tarit pas moins d’éloges sur le travail de ses traducteurs. Tous insistent sur le fait qu’une traduction littéraire est d’abord une lecture de l’œuvre, une interprétation porteuse de partis-pris.

Tout vient à point à qui sait attendre

Après cette passionnante conférence, je me sépare de mon amie pour entamer mon repérage. En effet, mon objectif du jour est avant tout de préparer ma visite du lundi, journée bien plus calme que le week-end. J’en profite tout de même pour discuter avec quelques éditeurs et laisser ma carte de visite. Je me retiens d’acheter des livres, car je risquerais de très vite dépasser mon budget ! Avant de me diriger vers la sortie, j’attrape un exemplaire d’un outil indispensable du salon : l’annuaire des exposants, qui renferme les coordonnées de tous mes prospects et me sera bien utile dans les jours suivant l’événement.

La suite dans un prochain billet !

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Retour sur la formation « Perfectionner son expression »

Aprotrad organise plusieurs fois par an des formations conçues sur mesure pour les besoins de ses membres. Voici un compte-rendu du stage « Perfectionner son expression en français dans le cadre de la traduction » d’avril 2019, rédigé par Aurélien Lécuyer.

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La formation dispensée par Isabelle Cros, docteure et chercheuse en didactique des langues et des cultures, s’est déroulée à la Maison des Associations le samedi 13 avril à Orléans. Après des présentations autour d’un café et de viennoiseries, Isabelle nous a exposé le programme de la journée. La matinée a d’abord été consacrée à des points de langue précis choisis par les participants par le biais d’un questionnaire préalable. Nous avons pu ainsi revenir sur les règles d’accord du participe passé, la ponctuation, les temps du passé, l’utilisation du subjonctif, etc. Des rappels qui ont fait du bien à tout le monde!

 

L’après-midi s’est quant à lui articulé autour de l’écriture. Après un exposé des erreurs fréquentes de vocabulaire et de syntaxe, Isabelle nous a rendu les billets d’humeur que nous avions à rédiger et à lui envoyer en amont en vue d’une correction. Les textes annotés ont permis à chacun et à chacune de prendre conscience des points à améliorer lors de la rédaction. Nous nous sommes ensuite initiés à l’écriture automatique, avant de terminer la journée sur un atelier de transcréation. Le texte, réécrit à partir d’un extrait apporté par chacun, a plus tard été lu à l’assemblée, puis commenté. Cet exercice de transcréation a été pour moi le point fort de la journée, car il a permis d’une part de mettre en pratique ce que l’on a appris lors de la formation, mais aussi d’expérimenter et de retrouver plaisir à écrire au sein d’un cadre bienveillant et agréable. Seul point négatif, le fait que cette activité intervienne en fin de journée fait que c’était forcément un peu court… programme chargé oblige.

 

En conclusion, beaucoup de bons conseils et de nombreuses pistes à explorer afin daméliorer sa langue écrite!

Pour vous informer sur nos prochaines formations, consultez notre site web et suivez-nous sur Facebook, LinkedIn ou Twitter.

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Formation : initiation à la PAO pour les traducteurs

Vous êtes traducteur indépendant, sans compétences en infographie.

Votre client vous envoie un fichier InDesign à traduire en demandant un document cible de mise en page conforme à l’original.

Votre outil de TAO sait traiter les .idml, vous pouvez parfois même avoir un aperçu du document cible, mais pas le modifier directement pour adapter la mise en page.

Vous voulez éviter de sous-traiter la PAO car cela peut impliquer de nombreux allers-retours en amont (un fichier .idml mal segmenté est difficilement exploitable par la TAO et va immanquablement polluer votre mémoire de traduction) et en aval (parfois réduire la taille de la police suffit à remettre un paragraphe sur la bonne page, une légende nécessite juste d’être raccourcie ou recentrée…) de votre traduction.

Apprendre à utiliser InDesign pour réaliser ces petits ajustements vous ferait gagner un temps précieux, mais vous n’avez pas besoin d’une formation complète d’infographiste, ce n’est pas votre métier.

Aprotrad vous propose une initiation à la PAO pour les traducteurs qui répond très exactement à cette attente. La formatrice Claire Fourmond, spécialisée dans la finalisation du texte traduit en vue de son impression, connaît bien vos besoins en la matière et vous permettra de repartir pleinement opérationnel(le).

La date : samedi 10 mars 2018, de 9 h 15 à 17 h 15.

Le lieu : Maison des associations, 46 ter, rue Sainte-Catherine, Orléans.

Le prix : 220 € (la formation répond aux critères de prise en charge par le FIF-PL).

Pour s’inscrire : contacter Catherine De Crignis à catherinedecrignis@orange.fr.

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La professionnalisation des métiers de la traduction

Rosemary Kneipp partage son expérience et nous invite à la réflexion sur la professionnalisation de nos métiers.

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Propos liminaire : Avant de commencer, je voudrais préciser qu’à mon avis, un diplôme ne fait forcément un bon traducteur et qu’on peut être un bon traducteur sans être diplômé.

 

Lorsque j’ai parlé à mes professeurs d’université en Australie de mon souhait de devenir traductrice, ils m’ont découragée. Ce n’est qu’après deux ans passés en France, en 1977, que j’ai appris l’existence de l’ESIT. À l’époque, il n’y avait que deux cursus de traduction en France : l’ESIT et l’ISIT. Une fois diplômée, j’ai vite compris que très peu de donneurs d’ordre pensaient que la traduction était un métier en soi.

J’ai souvent entendu des propos du type : « Ah oui, j’ai ma petite belle-sœur qui est britannique. Elle pourra traduire ce contrat sans problème. Ce n’est pas bien compliqué. » ou bien « Vous savez, vous n’avez pas besoin de passer trop de temps sur la traduction. On veut juste savoir de quoi il s’agit. » J’avais même un client qui me demandait de « taper ce papier en anglais ».

Pour essayer de remédier à ce manque de connaissance, différentes instances, comme la SFT et l’association des anciens étudiants de l’ESIT, se sont penchées sur la question de savoir comment améliorer l’image professionnelle des traducteurs auprès des entreprises en rédigeant des chartes, entre autres, mais le résultat n’a pas été probant. Autant l’interprète jouissait d’une image prestigieuse grâce aux rencontres internationales, autant le vrai métier du traducteur restait toujours méconnu.

Avec l’arrivée du fameux trio européen « LMD » (licence, maîtrise, doctorat), les masters de traduction ont commencé à foisonner en France. J’étais sceptique au début, mais je me suis rendu compte récemment que l’existence même de ces diplômes est sans doute le meilleur moyen de professionnaliser notre métier.

Les associations de traducteurs comme la nôtre peuvent contribuer également à mieux faire connaître notre statut de spécialistes.

Je pense que nous avons intérêt à toujours mentionner nos diplômes de traducteur ainsi que notre appartenance à Aprotrad sur nos cartes de visite et dans nos signatures de courriel.

Qu’en pensez-vous ?

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5 novembre 2016 : venez nombreux à Orléans !

Vous souhaitez découvrir de nouveaux outils ? Apprendre à mieux gérer votre entreprise ? Discuter avec les membres d’Aprotrad ? Venez nombreux à la journée de partage d’expériences que nous vous proposons :

Samedi 5 novembre 2016,
de 9 h 30 à 12 h et de 14 h à 17 h (accueil dès 9 h),
dans les locaux de la Maison des Associations,
46 ter, rue Sainte-Catherine à Orléans
(15 minutes à pied de la gare d’Orléans)

Vous pourrez y assister à des présentations et des tables rondes pour partager conseils et bonnes pratiques sur plusieurs thématiques, telles que : la gestion d’entreprise (devis et factures, impayés…), les méthodes de travail (recherche documentaire…), la sauvegarde des données…

La participation pour les non-membres est de 15 € (déjeuner inclus).

Vous souhaitez venir ? Laissez un commentaire ci-dessous pour que nous vous contactions.

Au plaisir de vous rencontrer !

Orleans1

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Charte des bonnes pratiques de traduction

Comment se construit une charte des bonnes pratiques…

aprotrad-bonnes-pratiques

Cela commence par une assemblée générale, au mois de janvier, où le principe est validé.

Puis se constitue une équipe motivée et débordant d’idées – Aurélie, Catherine, Claire, Noëlle et Sandrine, pour ne pas les citer – qui se réunit plusieurs fois par Skype pour des séances de remue-méninges, pioche son inspiration à droite et à gauche, et élabore un projet de texte définitif qu’elle soumet ensuite au conseil d’administration pour approbation.

C’est alors qu’entre en jeu la graphiste, Capucine de Vitamine C, que nous tenons à remercier vivement au passage pour son écoute et la qualité de son travail J Capucine nous livre trois propositions de mise en forme graphique. La commission Charte en sélectionne une qu’elle affine au fil de plusieurs versions intermédiaires.

Et le résultat : le voici !

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