Formation des traducteurs – Forces et lacunes du système universitaire

Illustration témoignage Maxime

Témoignage de Maxime H. quelque temps avant l’obtention de son diplôme.

Dans quelques mois, une fois le stage et les ultimes soutenances passées (rapport de stage et mémoire de terminologie trilingue), je serai finalement traducteur, ou tout du moins, débarrassé des contraintes universitaires. Mais suis-je prêt à virevolter librement parmi les traducteurs ? Outre mes capacités rédactionnelles et traductionnelles pures, cette formation aux métiers de la traduction m’a-t-elle réellement préparé à être traducteur ?

Au sortir de ma licence LEA, je savais d’ores et déjà que j’allais m’orienter vers un master en traduction. J’ai donc choisi ma future université selon des critères de différents ordres : prix, formation, outils, type de mémoire et enfin, le choix difficile entre master recherche et master professionnel. Après des kilomètres de brochures, j’ai jeté mon dévolu sur une université qui propose, sur le papier, une formation à la traduction technique, à l’outil Studio 2011, à la terminologie (qui fait l’objet du mémoire) ainsi qu’à l’insertion professionnelle. Je précise « sur le papier » car, l’un des défauts majeurs de l’université, et ce, quelle qu’elle soit, est sa tendance à mal différencier théorie et pratique. Pour illustrer un peu mon propos, je citerais l’une de mes professeurs qui m’avait confié : « Pour votre rapport de stage, pensez bien que la plupart de vos professeurs n’ont jamais travaillé [en dehors de l’Éducation Nationale] ».

Aujourd’hui, alors que je vois enfin le bout du tunnel, je m’aperçois que j’ai acquis toutes les compétences théoriques, mais qu’en réalité, la traduction (j’entends par là traduction freelance), est soumise aux mêmes défis auxquels tous les entrepreneurs sont confrontés : tâches de gestion et de comptabilité diverses, relation client, démarchage, etc. Comme expliqué plus haut, la principale lacune de l’université, dans une filière professionnelle, c’est d’être formé par des universitaires qui n’ont jamais véritablement eu à faire face au marché, et qui pour la plupart ne connaissent pas vraiment les tarifs pratiqués. À l’inverse, être formé par des universitaires m’a enseigné une certaine rigueur et surtout des méthodes applicables au quotidien.

Bien entendu, l’université a également ses avantages. Elle m’a enseigné de bonnes techniques de recherche, de traduction, d’utilisation de la suite SDL et m’a donné des bases solides en terminologie, mais à moins d’entreprendre des démarches personnelles, elle prépare à la traduction, pas à l’activité de traducteur à proprement parler.

Droit d’auteur illustration : tomwang / 123RF Banque d’images

A propos aprotrad

Créée en 1993 par un groupe de traducteurs. Sise en région Centre, APROTRAD rayonne dans l’hexagone et attire des professionnels basés hors de France. Sa dynamique de partage et de collaboration favorise de fructueux échanges au sein du groupe. L’association soutient les actions de promotion de la profession et la formation de ses adhérents. APROTRAD regroupe près d'une centaine de membres, traducteurs, interprètes, sociétés de traduction, représentants de métiers connexes. Les étudiants en filière universitaire de traduction ont la possibilité d’adhérer à l’association. Pour nous contacter, visitez la page http://www.aprotrad.org/contact.html
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Un commentaire pour Formation des traducteurs – Forces et lacunes du système universitaire

  1. amchronicles dit :

    Bravo au futur jeune pro(mu) pour la lucidité dont il fait preuve, malheureusement tous ses confrères et consœurs, que ce soit au sortir de l’université ou après, n’en ont pas…! Je suis d’accord avec cela, avec une remarque : cet article parle uniquement de la filière universitaire, or je ne ferais aucune distinction entre université et école de traduction, car il me semble que le problème est le même. Pour avoir côtoyé, au cours de ma carrière salariés, des diplômés d’écoles de traduction, je les ai sentis aussi « mal » préparés que moi (diplômée d’université) à cet égard.

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